Manhattan

La Boucle se boucle…

Oui, cher lecteur, notre voyage touche à sa fin….. Ces dix mois de voyage s’achèvent en beauté, dans la magnifique ville de New York, où nous échangeons l’appartement d’Adam et Rebecca contre notre pied à terre à Flaine, dans nos alpes natales. L’échange étant simultané, nous n’aurons pas la chance croiser ces deux-là, mais, New York City étant l’une de nos destinations favorites, nous les recontacterons lors de notre prochain passage. La Grosse Pomme, comme la surnomme affectueusement ses habitants, est un immense dédale composé de 5 boroughs, eux-mêmes découpés en de très nombreux quartiers, ayant chacun une âme propre; nous sommes ainsi pendant ce séjour d’une dizaine de jours dans Chelsea, le quartier des galeries d’art, des bars gay branchés, et de la High Line, dans un appartement situé au 14ème étage (techniquement le 13ème mais chut, ce numéro porte malheur, est n’est donc pas indiqué sur le panneau de commande de l’ascenseur, qui passe ainsi du 12 au 14ème!) d’une résidence qui fut, à l’époque de sa construction, dans les années 30, le plus grand immeuble d’habitation du monde, avec 1665 unités d’habitation au compteur! L’ensemble ceinture tout un bloc, et dispose d’un piscine semi-olympique, ainsi que d’une terrasse sur son toit, construite sur le modèle d’un pont de paquebot transatlantique, coqueluche new-yorkaise de l’époque….

 Nous partageons l’unique chambre avec Alix, nos hôtes ont préparé l’endroit dans cette attente, et nous profitons d’un feu de cheminée inattendu dans ce type de résidence!

La vue de la chambre donne sur l’Empire State Building, et nous profitons bien au chaud de la mise en lumière vespérale de cet emblème de la ville et de l’état de New York.

 

Armés de notre carte de transport en commun, qui sont ici si développés et bien organisés que l’utilisation d’une voiture est totalement inappropriée, nous partons chaque jour à la découverte d’un nouveau quartier, revenons sur les pas de précédentes visites pour constater l’évolution si rapide d’une cité en perpétuel mouvement. Ainsi, notre dernier passage, qui date d’avant la naissance d’Alix, offrait à notre vue un Ground Zero tristement vide, une sombre excavation, verrue inversée dans le quartier des affaires. Trois ans plus tard, non seulement les gratte-ciels reprennent de la hauteur, mais la tour qui succèdera en ce lieu au World Trade Center s’élève au dessus de la ligne d’horizon de South Manhattan. Un double monument à la mémoire des victimes du 11 Septembre 2001 nous émeut profondément, les noms se succèdent, gravés autour des emplacements des tours jumelles.

 

Malgré le froid, Central Park offre à longueur d’année de nombreuses opportunités de promenade, et nous déambulons sans fin sur les sentiers du parc, en observant écureuils, canards, sans oublier la foule bigarrée des touristes et des résidents; l’un de ces derniers, notre amie Barbara, qui vit ici depuis une dizaine d’années, et que nous ne manquons jamais de rencontrer, fait ainsi la connaissance d’Alix, et lui fait faire le tour du propriétaire, en l’emmenant au musée d’histoire naturelle de la ville, au zoo, à l’une des nombreuses patinoires de la cité…. pour le plus grand bonheur des deux filles.

New York est une ville de couples, ou de célibataires. Les enfants sont vus bizarrement dans les restaurants, par exemple, où les autres clients semblent les considérer comme de réels intrus.  Nous nous en faisons souvent la remarque, avec Myriam, devant l’air exaspéré de locaux obligés de faire un pas de côté devant notre petite famille se tenant par la main! Tout ça nous fait doucement rigoler, et nous nous amusons de ces réactions finalement enfantines! New York est également une ville où il fait bon ne pas cuisiner, puisque 10000 restaurants ne demandent qu’à nourrir ces millions de bouches. C’est aussi mon paradis de végétarien, et je suis ici comme un poisson dans l’eau. Nous mangeons ainsi de succulents plats végétaliens, en nous demandant comment un gâteau au chocolat sans œuf, sans crème, sans beurre peut-il être aussi délicieux…..

La météo étant favorable, nous profitons également à fond de couchers de soleil qui se succèdent, et offrent, comme ici depuis le sommet du Rockefeller Center, des vues à couper le souffle sur le quartier financier de l’île.

 

La pensée du retour commence à se faire insidieuse, et nous devons nous recaler petit à petit sur des détails que nous préférerions oublier, encore pour quelques jours…. Mais je reprends le travail dans une semaine aujourd’hui, et il est difficile de ne pas y penser. Les grands-parents d’Alix nous rappellent joyeusement que chaque jour passé est un jour qui les rapproche de leur petite fille, mais nous continuons néanmoins nos vacances, buvant la coupe jusqu’à la lie, pendant que nos partenaires d’échanges dévalent les pentes très enneigées de Flaine, station qui a en commun avec New York un magnifique « Bosquet », magistrale sculpture de Dubuffet!

 Et si nos pas nous mènent encore d’une rive à l’autre de l’East River, entre Brooklyn et Manhattan,

 

nos cœurs sont, que nous le voulions ou non, déjà entre les deux rives de l’Atlantique, et c’est depuis le Vieux Continent que je vous enverrai un dernier mot, en guise de conclusion à cette merveilleuse parenthèse….