Californie

La Californie

 

Buenos dias! Nous sommes arrivés à la dernière frontière, comme les américains nomment cette côte Ouest. La Californie a un passé mexicain, et nous le sentons immédiatement; Les panneaux de signalisation sont bilingues, les villes et villages sont baptisés  en espagnol, et l’architecture est totalement influencée par cette culture. L’hiver est niçois, et nous partons donc pour 2 semaines d’aventures sur les routes, puisque nous avons choisi pour cette portion du voyage de louer un camping-car, entre San Francisco et Los Angeles.

La Highway 1, qui longe le Pacifique entre ces deux villes, fait partie de nos rêves depuis de longues années, et nous sommes donc tout excités de pouvoir enfin suivre ce tracé mythique, après avoir passé une journée dans la ville de San Francisco, pour montrer à Alix le Golden Gate, les otaries du Pier 39, et bien sûr les célébrissimes cable cars….

  

Notre descente vers la Cité des Anges s’amorce alors, et la côte nous révèle toutes ses splendeurs, plage après plage, crique après crique, phare après phare…

 

 

 Cette partie de la Central Coast recèle également des forêts abritant les plus hauts arbres du monde, une variété de séquoia répondant au poétique nom de sequoia sempervirens (toujours vert). Nous dépassons ainsi Santa Cruz pour accéder au Big Basin State Park, où nous pourrons lire dans les cercles concentriques formant ces immenses troncs l’histoire du monde moderne, puisque certains arbres affichent 2 millénaires au compteur. Pour arriver à de tels âges, ces conifères ont développé toutes sortes de défenses; ils ne brûlent ainsi pratiquement pas, sont capables de se régénérer après une chute ou une tempête, sécrètent des insecticides repoussant notamment les termites…. tout en allant chercher le soleil à plus de 120m de hauteur. Notre promenade matinale dans la forêt est une expérience inoubliable, le soleil pénètre par raies dans le sous bois, odeurs et couleurs s’en donnent à coeur joie pour nous épater, et nous réchauffer!

La portion de route entre Monterey et San Luis Obispo est extraordinaire, nous parcourons une route accrochée aux falaises, plongeant directement vers l’océan. La conduite demande certes quelque concentration, mais nous voyons toutefois des baleines, ainsi que, au détour d’une plage, une colonie d’éléphants de mer, qui viennent mettre bas et se reposer sur une dizaine de miles de côte. Par milliers, ces mammifères s’entassent sur les plages, offrant un spectacle visuel, sonore autant qu’olfactif (Alix nous demandera souvent : »ça sent quoi, là? »). Nous en prenons une fois de plus plein les mirettes, tout en nous préparant à virer plein est, vers de paysages tout à fait différents.

Alix ayant été sage, nous avons donc décidé de ne pas la priver de désert (mes excuses pour ce jeu de mot facile, je n’ai pas pu résister!), et nous taillons donc la route vers le Parc National de Joshua Tree. U2 étant une de nos références musicales, nous approchons du Parc en écoutant l’album éponyme, et tombons en arrêt devant le spectacle offert par ces arbres de Joshué, qui forment une quasi forêt dans ce quasi désert. Le Parc lui même n’a été constitué que dans les années 30, et nous croisons donc les vestiges d’une occupation datant de cette époque, vieilles pierre, vieilles autos et anciennes mines d’or…. le Far West!

 

Le temps, comme vous le voyez, est incertain, et nous ne tardons pas à avoir la chance (!) de séjourner dans le désert sous la pluie… Nous aurons ainsi le plaisir (! again) de voir tomber une bonne partie des 5cm d’eau annuels dans les jours qui viennent…. Nous ne nous décourageons évidemment pas, et randonnons à l’entour, au milieu de fabuleuses formations granitiques, arrondies et adoucies par le vent et le sable, sur lesquelles les grimpeurs s’en donnent à coeur joie… Nous irons également explorer des canyons qui, au détour du chemin, se révèlent être de somptueuses oasis, abritant d’immenses Californian Palm Trees, des palmiers natifs.

 

Le cactus est ici évidemment roi, et ces Cholla nous offrent un étrange spectacle vespéral, hérissés de leurs magnifiques et immaculées épines….

  

Nous quittons le parc comme nous y sommes entrés, c’est à dire sous la pluie, en direction d’un autre désert, autour de la localité de Borrego Springs. C’est là, au bureau de poste, que nous ferons la connaissance d’un steward reconverti dans la restauration et les antiquités, qui vit ici depuis 6 ans, proposant à ses clients californiens nappes provençales, brocs et toiles anciens, tout en leur servant des escargots de bourgogne, ou des pains au chocolat! Rencontre improbable et si pleine d’humanité, au milieu de nulle part, et sentiment bizarre de se retrouver « à la maison », avec du personnel parlant français, une carte tout à fait digne d’un bouchon lyonnais, et une bouteille de Beaujolais sur la table! Yves nous donne quelques conseils sur les visites à faire dans le coin, notamment de curieuses sculptures qui parsèment le désert aux environs de la ville…. Alix trouve tout cela bizarre, et moi parfaitement foutraque…. J’adore!

 

Il est remarquable d’observer qu’après 3 jours de pluie, la flore s’est développée, les occotillos, cactus il y a 2 jours, se sont parés de feuilles et parfois de fleurs, et que la lavande sauvage est également en fleur!

 

La suite du voyage se déroule vers l’ouest, et nous rattrapons la côte, ainsi que la Highway 1 du côté d’Oceanside, pour remonter vers Los Angeles en longeant les fameuses plages de Newport, Laguna, Huntington et Long beach où le Queen Mary jouit de sa retraite, et avant de nous immerger dans la tentaculaire Cité des Anges. Qui nous laissera une impression mitigée; toute la misère du monde frappe en effet de plein fouet toute la richesse du monde, quelques allumés et beachbums faisant le tampon entre ces deux univers. Nous visitons un downtown LA quasi désert, et nous promenons le long de Venice beach, où les Bodybuilders pompent, les midinettes rollerskatent, et les rastas fument, au milieu d’une foule bohême, et probablement millionnaire, au vu des maisons environnantes. Hollywood nous enivre du bruit et de la fureur d’être, ou de paraître célèbre, et c’est ainsi, troublés, que nous quittons cette Californie si contrastée, capable de vendre du rire pour un dollar!

 

C’est au dessus du Nouveau-Mexique que je vous écris cette bafouille, alors même que nous rejoignons la côte est, et nos amis montréalais, chez qui nous passerons les 2 prochaines semaines. Alix ne peut plus contenir son impatience de voir sa copine Emma, et nous nous faisons une joie de retrouver ses parents, pour moitié clusiens, qui ont émigré dans la Belle Province il y a une dizaine d’années.

La suite au prochain numéro!