Archives mensuelles : mars 2013

Le Retour…

Et oui, cher lecteur, tout a une fin, et nous sommes, depuis une semaine, revenus à la réalité….

Ce retour se fait en douceur pour Myriam, qui ne reprendra le travail qu’au mois d’avril, histoire d’acclimater notre petite fille à son nouveau rythme scolaire, mais il fut un peu plus brutal pour moi, dans la mesure où j’ai repris mes activités quelques jours après notre arrivée en France, une bonne façon de ne pas trop penser, si vous voulez mon avis…..

Nous avons donc depuis peu enchainé avec frénésie les retrouvailles avec famille et amis, refait connaissance avec notre appartement, dans la mesure où nous ne trouvions rien « à sa place », nos nombreux partenaires d’échange ayant chacun légèrement réorganisé les rangements, de notre cuisine par exemple. Ajoutez à ceci une petite fille qui ne se souvient pas, après 10 mois d’absence, où se trouvent les toilettes, et vous comprenez que nous faisons depuis une semaine notre douzième et ultime échange, chez nous !

Le bilan ? Il est extraordinairement positif. Nous en avons pris plein les yeux, plein les oreilles, et surtout plein le cœur, pendant ces mois qui nous ramenaient lentement vers notre point de départ. Nous avons 100 fois validé le mode d’hébergement que nous avions naturellement choisi, et je me plais à penser que nous avons converti plus d’une de nos rencontres à l’échange de maison, à commencer par des collègues de Myriam qui nous rejoindront ce soir pour un dîner, chargé de questions, puisqu’ils ont décidé de prendre à leur tour un congé sabbatique, pour parcourir le monde en échanges !!!

Nous avons retrouvé nos résidences en parfait état, ce dont nous ne doutions pas ; nous avons réussi sans difficulté aucune à gérer à distance les petits soucis de la vie quotidienne (un four à micro-ondes acheté par correspondance suite à une panne, …), nous avons rencontré des personnes merveilleuses, et cette partie du voyage est d’ailleurs loin d’être terminée, puisque nous aurons la joie d’accueillir dès la fin du printemps toute une partie de nos partenaires d’échanges non simultanés, qui viendront passer leur partie d’échange dans l’une de nos résidences !

Nous aurons simplement  pu nous permettre d’effectuer cette longue parenthèse, dans la mesure où notre budget d’hébergement a virtuellement disparu. Nous n’aurions clairement pu nous permettre de rester aussi longtemps, de partir aussi loin, de profiter autant de la vie et de nos rencontres s’il nous avait fallu intégrer au budget de notre voyage 10 mois de locations ou de nuitées diverses et variées…

J’ai en ce moment trop de détails à régler pour penser, mais il me semble entendre une petite voix, toute faible encore, me chuchoter : « repartir, repartir, repartir………….. »

J’espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire ces notes et à voyager avec nous que j’en aurai eu à les écrire….

So long !

Laurent

Le 4 mai 2012, en escale à Londres…..

Le 25 février 2013, en escale à Londres, Alix sourit autant, ses parents un peu moins…..

La Boucle se boucle…

Oui, cher lecteur, notre voyage touche à sa fin….. Ces dix mois de voyage s’achèvent en beauté, dans la magnifique ville de New York, où nous échangeons l’appartement d’Adam et Rebecca contre notre pied à terre à Flaine, dans nos alpes natales. L’échange étant simultané, nous n’aurons pas la chance croiser ces deux-là, mais, New York City étant l’une de nos destinations favorites, nous les recontacterons lors de notre prochain passage. La Grosse Pomme, comme la surnomme affectueusement ses habitants, est un immense dédale composé de 5 boroughs, eux-mêmes découpés en de très nombreux quartiers, ayant chacun une âme propre; nous sommes ainsi pendant ce séjour d’une dizaine de jours dans Chelsea, le quartier des galeries d’art, des bars gay branchés, et de la High Line, dans un appartement situé au 14ème étage (techniquement le 13ème mais chut, ce numéro porte malheur, est n’est donc pas indiqué sur le panneau de commande de l’ascenseur, qui passe ainsi du 12 au 14ème!) d’une résidence qui fut, à l’époque de sa construction, dans les années 30, le plus grand immeuble d’habitation du monde, avec 1665 unités d’habitation au compteur! L’ensemble ceinture tout un bloc, et dispose d’un piscine semi-olympique, ainsi que d’une terrasse sur son toit, construite sur le modèle d’un pont de paquebot transatlantique, coqueluche new-yorkaise de l’époque….

 Nous partageons l’unique chambre avec Alix, nos hôtes ont préparé l’endroit dans cette attente, et nous profitons d’un feu de cheminée inattendu dans ce type de résidence!

La vue de la chambre donne sur l’Empire State Building, et nous profitons bien au chaud de la mise en lumière vespérale de cet emblème de la ville et de l’état de New York.

 

Armés de notre carte de transport en commun, qui sont ici si développés et bien organisés que l’utilisation d’une voiture est totalement inappropriée, nous partons chaque jour à la découverte d’un nouveau quartier, revenons sur les pas de précédentes visites pour constater l’évolution si rapide d’une cité en perpétuel mouvement. Ainsi, notre dernier passage, qui date d’avant la naissance d’Alix, offrait à notre vue un Ground Zero tristement vide, une sombre excavation, verrue inversée dans le quartier des affaires. Trois ans plus tard, non seulement les gratte-ciels reprennent de la hauteur, mais la tour qui succèdera en ce lieu au World Trade Center s’élève au dessus de la ligne d’horizon de South Manhattan. Un double monument à la mémoire des victimes du 11 Septembre 2001 nous émeut profondément, les noms se succèdent, gravés autour des emplacements des tours jumelles.

 

Malgré le froid, Central Park offre à longueur d’année de nombreuses opportunités de promenade, et nous déambulons sans fin sur les sentiers du parc, en observant écureuils, canards, sans oublier la foule bigarrée des touristes et des résidents; l’un de ces derniers, notre amie Barbara, qui vit ici depuis une dizaine d’années, et que nous ne manquons jamais de rencontrer, fait ainsi la connaissance d’Alix, et lui fait faire le tour du propriétaire, en l’emmenant au musée d’histoire naturelle de la ville, au zoo, à l’une des nombreuses patinoires de la cité…. pour le plus grand bonheur des deux filles.

New York est une ville de couples, ou de célibataires. Les enfants sont vus bizarrement dans les restaurants, par exemple, où les autres clients semblent les considérer comme de réels intrus.  Nous nous en faisons souvent la remarque, avec Myriam, devant l’air exaspéré de locaux obligés de faire un pas de côté devant notre petite famille se tenant par la main! Tout ça nous fait doucement rigoler, et nous nous amusons de ces réactions finalement enfantines! New York est également une ville où il fait bon ne pas cuisiner, puisque 10000 restaurants ne demandent qu’à nourrir ces millions de bouches. C’est aussi mon paradis de végétarien, et je suis ici comme un poisson dans l’eau. Nous mangeons ainsi de succulents plats végétaliens, en nous demandant comment un gâteau au chocolat sans œuf, sans crème, sans beurre peut-il être aussi délicieux…..

La météo étant favorable, nous profitons également à fond de couchers de soleil qui se succèdent, et offrent, comme ici depuis le sommet du Rockefeller Center, des vues à couper le souffle sur le quartier financier de l’île.

 

La pensée du retour commence à se faire insidieuse, et nous devons nous recaler petit à petit sur des détails que nous préférerions oublier, encore pour quelques jours…. Mais je reprends le travail dans une semaine aujourd’hui, et il est difficile de ne pas y penser. Les grands-parents d’Alix nous rappellent joyeusement que chaque jour passé est un jour qui les rapproche de leur petite fille, mais nous continuons néanmoins nos vacances, buvant la coupe jusqu’à la lie, pendant que nos partenaires d’échanges dévalent les pentes très enneigées de Flaine, station qui a en commun avec New York un magnifique « Bosquet », magistrale sculpture de Dubuffet!

 Et si nos pas nous mènent encore d’une rive à l’autre de l’East River, entre Brooklyn et Manhattan,

 

nos cœurs sont, que nous le voulions ou non, déjà entre les deux rives de l’Atlantique, et c’est depuis le Vieux Continent que je vous enverrai un dernier mot, en guise de conclusion à cette merveilleuse parenthèse….

Maudits Français

Maudits Français!!!!

 Nous sommes dans un petit bout de France! Arrivés par avion à New York City, aux USA, nous avons roulé plein nord pour rejoindre le Canada, et plus précisément nos amis Val & Greg, émigrés de longue date dans la Belle Province. Sur le continent nord-américain, les limitations de vitesse rendent les voyages par la route assez longs, et nous avons BEAUCOUP de temps pour observer les mornes plaines qui s’étirent gentiment entre Big Apple et la frontière canadienne. Le passage de cette dernière se fait sans encombre, et nous acclimate par la même occasion au chantant accent des habitants de cette flaque francophone dans un océan de langue anglaise. Le choc thermique fait partie du dépaysement, les 11°F affichés par notre auto représentent -11°Celsius…. une température moyenne l’hiver dans ce coin du Québec. Nous avons fait quelques courses de vêtements chauds dans le saint des saints, chez Patagonia, à Ventura en Californie, mais nous savons déjà que nous passerons rapidement chez les vendeurs de chaussures et d’accessoires chauds pour Alix, qui a bien grandi, et aura bien besoin d’être isolée des rudesses montréalaises!

 Nous n’avons pour cette étape aucun programme prédéfini, et nous nous laissons donc guider par le rythme et les conseils de nos hôtes-amis. Nos enfants respectifs ont la joie de se retrouver et se calent rapidement sur cette nouvelle tranche de vie, et nous partons à la découverte de Montréal, île-cité naviguant entre chaleurs étouffantes l’été, et hiver polaire.

 A cet effet, des galeries souterraines ont été creusées au fil des ans, et l’on peut ainsi passer des journées entières, magasiner et marcher 33km sans avoir à combattre les rigueurs de l’hiver. Le parc de Montroyal est évidemment recouvert d’un blanc manteau et les habitants comme les touristes profitent pour patiner, skier, ou simplement flâner en observant les écureuils qui cherchent de la nourriture. Alix se met au patin à glace aussi facilement qu’elle pratiquait les châteaux de sable il y a quelques jours sur les plages encore tièdes de Californie, nous montrant encore et toujours son étonnante capacité d’adaptation aux conditions d’hébergement, de température, d’environnements culturel et social…

 

Le ski nord-américain a son berceau dans les Laurentides, une région boisée, parsemée des lacs et de collines qui s’étend au nord de Montréal. Nous nous évadons de la vie (sub)urbaine pour une escapade de quelques jours dans cette magnifique région, et retrouvons l’un de mes confrères, distribuant les mêmes produits que moi au Canada, le temps d’un brunch dans son village natal, avec petite visite historique à la clé.

 

Nous aurons eu la chance de pouvoir rencontrer une partie du « réseau » de mes confrères à travers le monde, et aurons ainsi bénéficié de conseils sur mesure, à notre grande joie, et notre grand intérêt. Notre destination finale est Mont Tremblant, une station de ski créée de toute pièce par le groupe canadien Intrawest. Ce dernier décrit l’endroit comme la plus européenne des « resorts » (ici, on parle de centre de villégiature!) du nouveau monde, nous avons quant à nous plutôt  l’impression d’entrer dans un parc d’attraction, plus éloigné que tout ce que nous connaissons d’un village de nos Alpes. Tout est vraiment neuf, et faussement vieilli, et nous nous amusons de ce décalage entre la manière qu’ont les américains de nous représenter, et celle que nous avons de vivre…

 

En tout état de cause, luge, bonhommes de neiges, patin à glace se conjuguent dans toutes les langues, et nous nous amusons comme des fous, encore étonnés d’entendre parler français autour du nous, habitués que nous sommes devenus à la langue de Shakespeare.

La fin de notre aventure approche à grands pas, et nous revenons doucement (j’allais dire douloureusement) vers la réalité de notre futur. Je reprendrai le travail dans 15 jours exactement, et ce déjeuner confraternel m’a remis la tête dans d’autres sphères que celles à laquelle cette dernière était habituée…. Cette reprise de conscience se fait toutefois en douceur, nous avons également repris contact avec la classe d’Alix, qui fera sa rentrée des classes avec un peu de retard, le 11 mars!

Mais nous profiterons malgré tout à fond de notre dernier échange de maison, qui se déroulera dans quelques jours à Chelsea, petit quartier branché de New York City, alors qu’Adam et Rebecca viendront profiter de la neige française dans une station très européenne, dans notre appartement de Flaine! Et je vous donne ainsi, chers lecteurs, un dernier rendez-vous depuis notre futur petit coin de paradis de la 24ème rue!