Archives mensuelles : juin 2012

L’accueil

Vous pourriez vous poser la question de savoir comment s’organisent nos échanges au jour le jour. Nous sommes à 20000km de notre domicile, et recevrons une vingtaine de personnes chez nous pendant les 5 échanges simultanés que nous gèrerons à distance (sur un total de 8). Nous avons commencé assez simplement à nous organiser, grâce à une simple feuille de calcul, des cellules de couleurs différentes, et un tableau à double entrée (qui, et quand).

 

Cette approche très visuelle nous a permis de communiquer très aisément aux personnes qui seront nos intermédiaires sur place les informations dont elles auront besoin, qui arrive quand, par quel moyen (avion, train, voiture), et combien de personnes doivent-elles être logées… Nous avons également sur le presque même modèle produit un document permettant de nous suivre dans nos pérégrinations, avec adresses précises, N° de téléphone, décalage horaire…. Skype est une aide précieuse, non seulement bien sûr pour garder le contact, mais aussi pour rappeler les détails de chaque échange!

 

A ce sujet, vous pouvez sans doute imaginer que les grands-parents d’Alix n’ont pas vu d’un très bon oeil (et c’est peu dire) notre idée de les séparer de leur petite fille pendant 10 mois, et Skype est réellement un outil fantastique pour communiquer de la manière la plus complète possible. Nous pouvons faire visiter les maisons que nous échangeons, Alix peut jouer avec ses Papy et Mamy presque tous les jours. Ces derniers sont ravis de ces vacations téléphoniques, et se sont même faits à l’idée de venir nous rejoindre quelques semaines, les uns à Perth, les autres à Hawaii!

 Nous avons donc 2 groupes (que nous ne remercierons jamais assez!!!!) pour l’accueil de nos partenaires d’échange de maison, des amis d’une part, et les parents de Myriam d’autre part, ces derniers habitant à quelques km de notre résidence principale.  Ce petit monde ne parle guère anglais, mais arrive malgré tout à se faire comprendre (jusqu’ici….), et nous avons de toute façon laissé dans l’appartement un topo très précis faisant office de mode d’emploi de notre maison.

 

Ce « user’s guide », à destination de nos hôtes, est à la fois synthétique et complet, avec un maximum de photos, une image valant mieux qu’un long discours, il reprend les basiques (que faire du courrier, du linge au départ….), mais aussi en détail le fonctionnement de l’électroménager, souvent assez différent de ce que nous trouvons dans le monde anglo-saxon, notamment, avec d’autres unités de mesure, de l’ordinateur et  de la télévision.

Nous avons également, dans la mesure du possible, téléchargé sur l’ordinateur tous les modes d’emploi de nos appareils électriques en anglais. Chaque fois que cela était possible, nous avons préréglé les menus en anglais, afin que nos partenaires d’échange de maison ne se sentent pas trop perdus.

Le « user’s guide » de la maison comporte aussi bien sûr les numéros d’urgence, pompiers, police, … ainsi que le n° de notre médecin habituel, et celui d’une voisine anglophone, qui sera notre relais dans l’immeuble si la barrière de la langue constitue un obstacle trop important. Enfin, quelques conseils de sorties, restaurants, musées et promenades à ne pas manquer.

La bouteille de vin traditionnelle est déposée avant chaque échange pour souhaiter la bienvenue.

Puisque de nombreux échanges de maison se succèdent chez nous, nous avons choisi de faire passer quelqu’un pour faire le ménage avant chaque arrivée, nous sommes ainsi certains que tout est en ordre au moment de l’accueil de nos hôtes. 

Pour le chalet que nous proposons également à l’échange, nous avons produit le même type de document, et une personne sur place prépare la maison pour la venue de nos hôtes, à la demande. De cette manière, nous savons que nos partenaires d’échange arrivent dans une maison chaude (le chalet est à 1000m d’altitude, il doit souvent être chauffé, même à la belle saison) et prête à les recevoir.

Pendant le séjour de nos partenaires d’échange, nous échangeons quelques courriels, surtout à l’arrivée et au départ, et les laissons nouer les relations qu’ils souhaitent avec nos parents, amis, voisins…. Du golf avec les uns (le golf, comme les enfants, permet de communiquer au delà de la langue!….) à la fondue avec les autres, la barrière de la langue tombe vite face à un caquelon fumant, ou au 17 du golf de Chamonix…..

Greg, Sue, leur fils et un couple de leurs amis, nos premiers hôtes venant d’Hawaii, ont ainsi passé 3 semaines qu’ils nous disent mémorables, entre vélo, promenades en Suisse et Italie, mais aussi dans le Sud de la France, et invitations diverses des voisins et de mes beaux-parents (une application pour iPhone de traduction anglais/français faisait aussi partie des invités ce soir là !!).

 

Le succès d’un échange de maison se résume ainsi pour nous en quelques mots, organisation, bonne volonté et bonne humeur…

 

Les Iles Cook

Nous voici aux îles Cook! Et je vous laisse juges de l’endroit d’où je vous écris ce billet…….

 Après un vol de nuit très agité, nous sommes arrivés sur ce confetti qui subit ces jours-ci un régime de queues de dépressions tropicales (beaucoup de vent et beaucoup d’eau) plutôt inhabituel d’après ses habitants. Sur place depuis une semaine, nous avons donc déjà pris nos marques; ce qui, sur une île, Rarotonga, mesurant 32 kilomètres de circonférence, n’est guère compliqué! Si l’on tourne à droite au lieu de tourner à gauche en sortant de la maison, la seule conséquence sera en effet d’arriver en retard d’une demi-heure, ce qui, en Polynésie, n’est guère un problème.

 Les îles Cook sont un tout petit état indépendant comptant une vingtaine de milliers d’habitants et une quinzaine d’îles, dont 2 inhabitées. Elles ont un parlement, un premier ministre, et ont choisi de se rapprocher de la Nouvelle-Zélande pour la monnaie, pour la défense, et peuvent le cas échéant demander un avis consultatif à ce pays. Membre du Commonwealth, tous ses résidents fêteront demain 3 juin le Queen’s Birthday…avec une semaine d’avance sur l’Australie…

 C’est le seul pays que je connaisse qui n’accepte pas les permis de conduire étrangers, il m’a donc fallu faire établir un permis local, et collector! Je doute qu’il soit validé par quelque autre contrée, mais notre hôte Richard le présente lors de contrôles en Australie et n’a pas été inquiété jusque là!

 Nous n’entendons pas beaucoup de français, et avons appris que seuls 270 de nos concitoyens avaient visité ce pays l’année dernière…. 

 Nous sommes de peu dans l’hémisphère Sud, et à une longitude proche de la ligne de changement de jour (GMT -10h). Nous avons ainsi décollé de Sydney un Samedi soir vers 20h00, pour arriver après 6 heures de vol le même samedi, à 7h20 du matin…. Arrachez-vous donc les cheveux avec ça!!!!!!

 La vie ici est très détendue, il y a une route qui, vous l’aurez compris, fait le tour de l’île, une seconde route un peu à l’intérieur des terres permettant une évacuation en cas de tsunami, et c’est tout! Le tourisme compte pour beaucoup dans l’économie locale, sans toutefois défigurer le paysage, puisque seuls 700 lits parsèment Rarotonga, tous dans de petites structures proches de l’eau, et plutôt intégrées au paysage.

Le paradis est aussi fiscal, la liste d’attente de ceux souhaitant devenir résidents permanents et par conséquence jouir d’un taux d’imposition fixe de 20% est longue….

Enfin, le « cultivé localement » permet à l’agriculture de vivre, le marché du samedi matin offre papayes, courges, fruits de l’arbre à pain, etc…. directement du producteur.

 Nous sommes donc installés dans l’immense maison de Richard et Willy, en bord de lagon, voyez plutôt en entrant ces coordonnées : -21.224197,-159.829853 sur  www.maps.google.com .

 Nous avons un échange de voiture, qui nous permet de visiter à notre convenance les multiples plages du coin, qui sont toutes protégées par une barrière de corail, et offrent pour la plupart des possibilités d’exploration en Palmes/Masque/tuba,

En kayak, ou en stand-up paddle,

 

 

 

 

 

 

 

Enfin de construction de châteaux de sable (je vous rappelle qu’Alix aura 3 ans dans quelques mois).

 L’île est volcanique, et donc montagneuse, son point culminant atteint presque les 700m, et un chemin permet de la traverser par le milieu, ce que ne pourront s’empêcher de faire Myriam et moi-même, montagnards dans l’âme!!!

 De la même façon, à l’extérieur du lagon, les profondeurs deviennent vite vertigineuses, passant très rapidement de presque rien au niveau du récif à -1200m, rendant les plongées sous-marines extraordinaires. Je me suis ainsi laissé guider hier dans le corail, au sein d’une multitude de poissons de récif, dont une très belle rascasse (réveillée, ce qui n’est pas commun pour cette espèce plutôt nocturne), dans une eau cristalline et presque chaude, sur des tombants d’une beauté prodigieuse……  Quelques jours plus tard, c’est Myriam qui part en plongée, elle aura la joie de pouvoir observer une tortue et un requin évoluant dans un paysage sous-marin sublime, fait de gorges d’origine volcanique notamment.  Nous n’avons pas plongé ensemble, puisque nous alternons les activités auxquelles Alix ne peut se joindre.  

Alix, qui aura aussi droit à sa matinée de détente, alors que nous l’accompagnons à l’école locale pour une matinée. Ouverte à tous, cette école est plutôt souple sur les horaires et les activités, et les enfants sont très libres de vaquer à leur occupations, sous l’oeil plus ou moins attentif de 3 maitresses. Les parents qui le souhaitent peuvent rester, et tout se déroule dans une ambiance très « Island Style », comme disent les locaux.

 Locaux qui, lorsque nous les comprenons -et ce sont là nos capacités linguistiques que je mets en cause-, sont très avenants, mais avec lesquels  le contact n’est pas facile, pour une raison que j’ignore. Bien que nous habitions grâce à cet échange de maison dans une résidence privée et non un hôtel, nous faisons figure plus de touristes que de voisins, ceci expliquant peut-être cela…

Tombés par hasard sur un couple de français installés sur Rarotonga depuis quelques années, nous sympathisons rapidement (grâce à nos enfants respectifs, une fois de plus),  et ils nous confirment cette impression. Ce n’est que depuis qu’ils vivent ici à l’année qu’ils ont noué de vraies relations avec des locaux, alors même qu’il ont depuis 7 ans passé 7 mois de l’année sur l’île. Lui est surfeur pro, elle s’occupe de ses jumeaux de 2 ans, et fait des photos. Ils n’ont pas de gros besoins et sont tout à fait heureux de vivre à ce rythme, avec une demi journée de travail par semaine, le samedi matin au marché d’Avarua, à vendre des churros aux touristes et aux iliens… Alors que nous partageons un dîner dans notre immense maison, nous dissertons sur les motivations de nos hôtes à échanger leur maison, alors même qu’ils pourraient avoir leur résidence secondaire dans tous les Hilton de la terre, comme dirait l’autre… et concluons que la curiosité, la volonté de se laisser surprendre sont les principaux moteurs de l’échange de maison, au-delà des avantages économiques qu’il offre.

 Et voici nos dernières nouvelles, fraiches comme de la papaye à peine cueillie! Nous vous tiendrons au courant de la suite de nos aventures banlieusardes, depuis Manly Beach, Nouvelles Galles du Sud! Mais avant, je ne peux m’empêcher de vous faire partager un petit morceau de paradis :

 

Voyager avec un enfant…

Nous avons, Myriam et moi, pas mal bourlingué à travers le monde; loin d’être des aventuriers, nous sommes pour autant habitués au paquetage, à la pharmacie de voyage, à l’organisation générale de longs et lointains séjours.

Une partie de ce tour du monde en échanges de maisons consistait donc à perdre nos repères, et répondre au défi de partir avec notre petite Alix, presque 3 ans.

Cette petite n’est pas très compliquée à gérer, tant qu’elle est repue, du moins……. mais nous partions malgré tout vers une sorte d’inconnu, avec de long vols, de longues escales, des séjours renouvelés dans des maisons certes amicales mais néanmoins mystérieuses…..

Dès le départ, le choix du voyage « léger » s’est imposé.

 Nous ne partirons donc pas avec trop de vêtements, mais privilégierons les jouets et la lecture pour Alix. Le résultat sur la balance est juste à 50kg, ce qui est raisonnable pour une dizaine de mois de voyages, et nous savons qu’Alix grandissant sans cesse, et puisque nous passerons de +28°C (Hawaii) à -28°C (Montréal), nous devrons faire quelques achats, ou nous faire expédier quelques vêtements sur une de nos étapes. Les Doudous et Doudous de secours sont assez nombreux, ainsi que quelques jeux éducatifs préparés par une grand-mère autrefois enseignante,  et enfin de nombreux livres, et quelques épisodes de Barbapapa téléchargés sur notre ordinateur portable, en cas d’urgence…..

Nous avons autant que possible sélectionné des vols de nuit, en tout cas pour les plus longs, pour que le temps ne paraisse pas trop long au Bout de Chou, à ses parents, et aux autres passagers! Alix a déjà pris l’avion, nous savons qu’elle réagit sans souci aux secousses, décollage et atterrissage.

 

Et jusqu’ici, tout va bien, merci!

 Alix s’est tout à fait adapté à ses différentes chambres à coucher (4 à ce jour, hôtel compris, 3 cabines d’avion non incluses!), et profite des jouets qu’elle trouve ou invente dans les maisons que nous échangeons, ou de ceux que nous lui avons pris, selon le cas. Le décalage horaire semble peu la toucher, confirmant ce que nous avions lu sur différents forums, et, tant que les vêtements dont elle est affublée au départ sont suffisamment multicolores, elle est tout à fait présentable à l’arrivée (il faut dire qu’elle aime tellement manger qu’elle ne laisserait jamais une miette sur ou derrière elle!!!).

Le bilan du premier mois de ce voyage est donc sous cet angle tout à fait positif, et nous avons bien eu raison de penser dès le départ que la petite s’adapterai aussi vite, sinon plus, que nous à de nouveaux fuseaux horaires, de nouveaux lieux de vie, de nouvelles préparations culinaires, et j’en passe!!!!

 

Alors n’hésitez pas, en tout cas à cause de votre petite famille, PARTEZ!!!

Sydney – Les Rencontres

Une semaine riche de rencontres…

Alix, inscrite à un playgroup auquel elle participe chaque mardi, commence à forger des relations avec des enfants de son âge, tandis que Myriam discute avec les autres mamans ou nounous. Ce système de groupes de jeu permet aux enfants de se sociabiliser avant leur entrée à l’école. Il faut dire qu’avant 6 ans, ici, les petits sont plutôt livrés aux bons soins des nounous ou des rares kindergarten, presque tous privés, qui parsèment Sydney. Les mères prennent donc souvent un congé leur permettant de palier à cet état de fait.

Mais nous avons surtout fait la connaissance de nos futurs échangeurs,  Julie et Roger, d’abord, chez qui nous irons dans quelques semaines à Manly Beach, puis avec Richard et sa femme Willy, chez qui nous partons dans quelques jours, et qui sont en villégiature dans la région de Sydney.

Julie et Roger, accompagnés de leur fils, Caleb, sont donc venus partager un dîner chez nous, après que nous ayons goûté aux joies du barbecue il y a quelques jours. Passé les tracasseries “administratives” –je vous rappelle que nous habitons en ce moment dans un immeuble de très grand standing, avec concierge….- nos hôtes, aussi peu habitués que nous à ce style de vie, ont donc pu profiter d’un point de vue sur leur propre ville qu’ils n’avaient jamais envisagé jusque là, et ils ont aussi pu profiter d’une cuisine aussi française que possible, et dans les limites de nos capacités financières, le kg de fromage français atteignant allègrement les €.80!!!!!!!!!!!!!!

Nous avons bien entendu partagé nos expériences respectives de voyage en général et d’échange en particulier, et ils nous ont appris qu’ils avaient par deux fois poussé le bouchon jusqu’à échanger leurs postes en plus de leur maison, en Colombie Britannique et dans le Colorado, pour une année à chaque fois!!!! Tous deux profs, cet échange professionnel est évidemment plus simple à réaliser qu’avec un autre métier, mais cela montre les possibilités immenses de l’échange sous toutes ses formes.

Caleb, leur fils de 27 ans, nous assistera en cas de souci pendant notre séjour à Manly, et nous a déjà proposé de nous initier au surf, qu’il pratique assidument, comme une grande majorité de ses compatriotes.

Nous recroiserons les Dawson à notre retour des îles Cook, afin de régler les derniers détails techniques, comme la remise des clés ou la prise en main de la voiture.

Hier, nous avons donc également passé la journée avec les Barton, un couple anglo-hollandais  résidant la moitié de l’année dans les îles Cook, et partageant le reste de son temps entre les voyages et Palm Beach, au nord de Sydney, où ils possèdent aussi une résidence.

Richard a eu la gentillesse de venir nous prendre en voiture au pied de notre immeuble, avant de filer vers le nord pour un déjeuner au bord de l’eau dans cette station balnéaire huppée qu’est Palm Beach. Définition même du self-made-man, Richard est arrivé en Australie depuis l’Irlande du Nord sans le sou, et a commencé par laver des vitres pour subsister Down Under. Il est aujourd’hui à la tête d’un florissant négoce entre l’Australie et les îles Cook, et l’échange de maison est pour lui une curiosité culturelle plus qu’une nécessité économique, vous l’aurez compris……  Ils se font une joie de retourner visiter la région d’Evian-les-Bains et le Valais suisse, qu’ils ont  connu il y a une vingtaine d’années alors que leur fille y était étudiante.

Nous sommes ensuite allés à la découverte des plages du nord de Sydney, et en avons pris plein les mirettes : cette région offre des paysages à couper le souffle. 

Alix a chanté en chœur avec Willy quelques chansons enfantines en français, réminiscences d’une année au pair passée à Paris, et s’est, fait rare, laissée de bon gré prendre dans les bras de Richard, avant de lui claquer un baveux baiser d’au revoir !

Nous reverrons également ce couple charmant chez eux, puisqu’ils rentreront avant notre départ. Nous nous sentons chanceux lorsque nous les quittons, ils reçoivent en effet une bonne quinzaine de demandes d’échange par semaine, et je ne peux m’empêcher de penser à la correspondance générée par ces offres d’échange de maison dans des coins de paradis tels que celui-ci !!!!!