Les aventures d’une famille de Haute Savoie

Faire le tour du globe

Beaucoup l’ont rêvé - ils l’ont fait!

Laurent, Myriam et Alix, une jeune famille de Haute Savoie, ont effectué le tour du monde en échangeant leur maison.  Laurent avait promis de partager avec nous chaque étape de leur voyage – du départ le 4 mai 2012, jusqu’au retour le 28 février 2013 (en passant par Sydney, les Iles Cook, Adelaide, Perth, Christchurch, Hawaii, Montréal et New York). Il a tenu sa promesse et nous a fait rêver tout au long de leur extraordinaire périple.

Depuis, Laurent, Myriam et Alix sont rentrés au bercail, mais, rien que pour le plaisir - Suivez Laurent ! - et découvrez le monde merveilleux des échanges de maisons. 

Tranche de vie, tranche d’échange…

L’aventure induite par l’échange ne s’arrête jamais !!!!… Si vous avez suivi notre virée, vous savez, cher lecteur, que notre petite famille a retrouvé ses pénates il y a plus d’un an. Des souvenirs et des projets plein la tête, mais aussi la douce certitude que le voyage continuerait, sous une drôle de forme, pendant quelque temps, corollaire des nombreux échanges non simultanés que nous avions organisés.

Nos partenaires d'échange d'HawaiiNous avions en effet déjà reçu, pendant l’été 2012, Jane-Ann et Tim, nos partenaires d’échange de maison australiens, et c’est Sandra, qui nous a reçus dans son immense maison de Kailua-Kona, à Hawaii, qui vient de passer quelques semaines en France, pour….. son voyage de noces ! Célibataire lors de notre visite, Sandra a en effet trouvé l’amour, et a choisi de venir faire découvrir à Ken, son nouvel époux, nos belles Alpes, avant d’aller en Normandie fêter les 70 ans du D Day.

Au programme, découverte des rives du Léman, petite virée à Yvoire, magnifique village médiéval qui fait face à la Riviera vaudoise, montée à l’Aiguille du Midi, et donc premier contact avec les glaciers…. Si en effet l’île d’Hawaii culmine à 4200m, la neige, et a fortiori la glace, y sont très rares….

Histoire de faire découvrir un aspect typique de notre région, nous emmenons le jeune couple de sexagénaires manger des beignets de patates dans le massif du Bargy, mais c’est la restauratrice qui sera la plus surprise, en voyant Sandra faire fondre du beurre sur ses beignets… Ces Américains ne finiront jamais de nous surprendre !!!!!!tranche de vie jane ann alone

Cette nouvelle prolongation de notre tour du monde est la conséquence heureuse de l’échange non simultané, qui permet de faire déborder les vacances, et le voyage, sur des périodes beaucoup plus longues, et c’est clairement l’un des aspects de ce mode d’hébergement qui continue de nous séduire en priorité.

Nous savons déjà que 2015 verra Ashley, notre partenaire d’échange néo-zélandais, venir nous visiter une quinzaine de jours, si bien qu’entre sa préparation, le voyage lui-même, et ces prolongations, notre expérience aura duré 4 ans !

Sans compter les amitiés nouées, puisque nous partons dans quelques jours passer un long week-end à Barcelone, hébergés par Julie et Roger Dawson, avec lesquels nous avons échangé à Manly Beach, dans les Nouvelles Galles du Sud, et qui viennent, comme tous les étés, échanger en Europe ! Maria, leur partenaire d’échange espagnole, nous ouvre gentiment ses portes, pour d’extraordinaires retrouvailles !!!!!

Prêts… Partez – en échangeant votre maison!!!

Rêve d'échange de maisonJe ne sais pas pour vous, mais la petite voix du voyageur commence à s’insinuer dans mes pensées, et je me surprends à réfléchir à des « où » et des « quand » plus souvent qu’à mon tour…..

Il faut dire que je suis aidé en cela par une recrudescence de courriels me proposant de fantastiques offres de voyages, et une boîte aux lettres réservée à l’échange de maison commençant à se garnir d’offres plus alléchantes les unes que les autres.

Si vous êtes un adepte chevronné du voyage et de la découverte d’autrui par l’échange, vous savez ce qu’il vous reste à faire, en l’occurrence répondre à cette petite voix –et à ces emails qui s’accumulent-, choisir, organiser, partir !

Si vous venez de terminer le visionnage du  film « The Holiday » et êtes en cours de réflexion, vous demandant si ce mode d’hébergement est fait pour vous ; si encore vous venez de lire l’entrevue avec  Adam et Rebecca, qui racontent dans le billet qui précède leur première expérience d’échange de maison, continuez cette lecture, et préparez…. votre premier échange !

Pour commencer, il va vous falloir adhérer à un organisme gérant des offres. Ces sociétés sont –de plus en plus- nombreuses, et proposent une offre parfois payante, et parfois gratuite. Dans ce dernier cas, gardez en tête que la gratuité fait que c’est vous qui devenez le produit. Vos coordonnées, entre autre, seront sans doute vendues à des tiers, à des fins commerciales futures. Dans le cas d’un service payant, l’on peut imaginer que les adhérents seront plus motivés, présents, réactifs, impliqués également dans le processus d’échange. Les services de messagerie intégrée, tout comme l’affichage du pourcentage de réponse aux offres d’échange garantissent le  « sérieux » des partenaires potentiels.

Alors viendra le temps de la publication de votre offre, pour laquelle il convient évidemment de respecter quelques règles, à commencer par l’objectivité ! Inutile en effet d’enjoliver votre proposition, vous habitez dans un endroit de toute façon très exotique pour vos futurs partenaires ! Soyez bien-sûr précis les capacités d’hébergement, et sur la qualité des couchages proposés. Par exemple, n’oubliez pas de citer que votre canapé est convertible, mais ne tenez pas pour acquis que votre sofa non convertible pourra faire office de lit, certains partenaires d’échanges (dont je suis…) tenant à leur petit confort. Mettez-en avant les appareils ménagers rendant les vacances faciles, et n’oubliez pas que, si vous en disposez, le WIFI est un mot magique auprès de nombreuses personnes !

Gardez également en tête que vos hôtes se questionneront sur les moyens d’accéder à votre nid douillet ; ainsi, mentionnez l’aéroport ou la gare la plus proche. Faites un résumé culturel et historique de votre région, et prenez un peu de temps pour parler de vous ! En vous présentant dans votre offre, vous donnez à vos futurs partenaires le sentiment qu’ils vous connaissent, et interagissez pour le meilleur avec eux, dès qu’ils ont votre annonce sous les yeux ! Enfin, les sites internet des offices de tourisme, des attractions régionales, ou facilement accessibles, doivent être mentionnés, afin que le lecteur puisse se faire rapidement une idée du potentiel de visites de votre région.

Publiez également le plus d’images possibles, de votre lieu de résidence, bien sûr, mais aussi pourquoi pas de votre petite famille, ainsi que des points d’attractions qui se disséminent sans doute autour de votre lieu d’habitation.  Cette préparation est vraiment excitante, vous le verrez, en cela qu’elle vous permet de vous retourner sur votre quotidien, et de mettre en valeur des aspects 100 fois oubliés de votre maison, appartement, village, cité, région. Une banale église que vous longez chaque jour sans y être jamais entré ? Un joyau du 16ème siècle pour vos futurs visiteurs, qui y verront tout un pan d’histoire, de religion d’architecture ; et de typicité régionale ! Nous avons ainsi découvert à la suite d’un échange avec des canadiens qu’une magnifique cascade se trouvait à 15 minutes de marche de chez nous, dont nous ne soupçonnions pas l’existence !

Votre annonce éditée, quelques heures passées à envoyer des courriels, à y répondre, à peser le pour ou le contre de telle ou telle région, de telle ou telle maison, vous serez, à quelques mois de partir, déjà en voyage, et c’est ici que commence la magie de l’échange !

Faire le saut – voyager en échangeant sa maison

couple mountains from behind sized down

Échanger sa maison pour la première fois n’est pas évident. Pour Rebecca et Adam, deux New-Yorkais amoureux de la France, la curiosité était le principal déclencheur. Ils racontent comment ils ont franchi le pas dans une interview menée par Laurent.

Voudriez-vous faire les présentations ?

Je m’appelle Adam et ma compagne se prénomme Rebecca. Nous sommes tous deux originaires de New York, où nous vivons. Je suis professeur à Columbia University, tandis que Rebecca est psychothérapeute.

Quels types d’hébergement avez-vous utilisé avant d’échanger pour la première fois ?

Nous adorons la France, et notamment Paris et la Provence, où nous avions déjà voyagé en utilisant des modes d’hébergement plus “classiques”, hôtels de charme, bed & breakfast…

Comment fut déclenchée votre envie d’échanger votre maison?

Le bouche à oreille, tout simplement… Au sein de notre cercle d’amis, et nous avons aussi fait connaissance avec certaines personnes qui utilisaient l’échange de maison comme mode d’hébergement. Nous avons ainsi franchi le pas, avec la curiosité comme principal déclencheur.

Avez-vous eu quelque appréhension, qu’est qui vous a fait aller au-delà de cette dernière ?

Pas vraiment à dire vrai. Notre appartement est très simple, et nous sommes assez confiants de nature. Il faut aussi avouer que les sites proposant l’échange de maison énoncent les professions des partenaires d’échange, et donc leur classe socio-professionnelle. Nous n’allions pas vers l’inconnu (avec un grand I, en tout cas…)

Avez-vous, à l’occasion de ce premier échange, cherché une destination précise, ou est-ce la destination qui vous a trouvés ?  Avez-vous choisi une maison plus que l’endroit où elle se trouvait, ou l’inverse ?

Eh bien, nous avions envie de découvrir une autre facette de la France, et à une autre période. Les Alpes n’étaient pas une évidence, mais la curiosité nous a poussés là encore à aller découvrir le ski ailleurs que dans le Vermont. Nous avons profité de la facilité de voyager en transport en commun pour aller faire un tour à Paris (vous ai-je dit que nous étions amoureux de Paris ????)

Avez-vous jamais pensé que personne ne serait intéressé par votre offre d’échange ?

Nous habitons Manhattan….. Nous recevons effectivement plusieurs offres d’échange par semaine…

Lorsque vous êtes devenus membres d’HomeLink, avez-vous été étonnés par le nombre de personnes prenant contact avec vous?

Oui, en effet. Nous habitons certes dans une ville extraordinaire, et dans le fabuleux quartier de Chelsea, mais nous ne pensions pas être à ce point sollicités. Ces propositions nous permettent de voyager intérieurement, de nous mettre en tête de nouvelles possibilités, de nouvelles destinations, de nous ouvrir l’esprit, d’une certaine façon !

Parlez-nous de ce premier échange. A-t-il répondu à vos attentes, les a-t-il dépassées, ou avez-vous été déçus, de quelque façon que ce soit ?

Nous nous sommes donc “aventurés” dans les alpes françaises, pour passer quelques jours à Flaine, dans une station qui nous a tout à fait surpris. L’appartement était certes « typique » de ce que nous attendions, avec du vieux bois, de la pierre…, mais Flaine est une station très à part dans le paysage français, d’après ce que nous avons pu lire. L’architecture est très moderne, c’est en effet  Marcel Breuer qui en a dessiné les plans initiaux. Elle regorge d’œuvres d’art de Vazarelli, Picasso, ou Dubuffet. Nous avons ainsi profité d’une sorte de musée à ciel ouvert, entouré de montagne magnifiques, et d’une vue extraordinaire sur le Mont-Blanc. C’était donc à la fois très exotique, et pas si éloigné de notre univers citadin !!!

Nous avons prolongé cet échange par quelques jours à Paris, qui est notre ville favorite (après notre quartier de Chelsea, évidemment….), que nous avons facilement rejoint depuis Genève.

Après cette première expérience, avez-vous découvert plus qu’un avantage économique à utiliser l’échange de maison ?

Nous avons sans aucun doute fait des rencontres à côté desquelles nous serions passé si nous avions logé à l’hôtel ou autre. A commencer par les personnes qui nous ont accueillis, avec lesquelles nous nous sommes promis d’échanger, puisque qu’ils rêvent de retourner à New York, et que la description de leur pied à terre au Lavandou nous a séduit…. Ce type de rencontre n’a à nos yeux pas de prix.

Avez-vous l’intention de renouveler l’expérience? Que changeriez-vous dans votre mode opératoire, par rapport à votre premier échange ?

Nous n’avons plus que notre prochain échange en tête !

Ce mode de voyage est vraiment viral, nous ne pouvons pas nous empêcher d’aborder le sujet dès que possible, et nos possibilités d’escapades semblent maintenant quasi infinies, dans la mesure où, si l’aspect financier n’est que secondaire, il reste malgré tout bel et bien important ! Quant à modifier notre façon de préparer l’échange, non, tout s’est vraiment très bien passé.

Est-ce que vous parlez autour de vous des échanges de maisons?

Nous ne faisons désormais que « prêcher » cette bonne parole. Nos amis et autres relations diverses semblent maintenant apprécier l’idée de ce nouveau mode d’hébergement, et nous avons la sensation agréable de leur avoir fait découvrir cette ouverture au monde ! Quant à ceux qui nous ont poussés à pratiquer, nous nous sommes rapprochés, ayant désormais une expérience commune supplémentaire à partager.

Une maison bleue

Histoire d’échange par Joëlle Le Guen

maison bleueJuillet 2013, nous voici à San Francisco pour un échange très urbain. Par un beau dimanche ensoleillé nous nous rendons au parc Dolores dans le quartier de la Mission afin d’assister à un concert de l’orchestre philharmonique de la ville.

Nous étalons notre couverture sur la pelouse. Tout le monde a sorti son pique nique et déguste son verre de vin californien dans une joyeuse ambiance de kermesse.

Après trois heures d’un concert magnifique nous regagnons notre voiture et je jette un œil à la jolie maison victorienne devant laquelle nous sommes garés. Elle est d’un bleu magnifique et me rappelle celle de la célèbre chanson de Maxime Le Forestier, celle qui est sur notre «TO DO » liste des choses à ne pas manquer. Une plaque apposée sur la façade suscite ma curiosité. Je m’approche et ô surprise : par le plus grand des hasards et parmi les centaines de maisons bleues que doit compter la ville de San Francisco, nous nous sommes garées ce matin  juste devant « LA » maison bleue. Sur la route du retour je fredonne à tu tête « c’est une maison bleue, accrochée à la colline, on ne frappe pas, on n’y vient à pied, ceux qui vivent là, on perdu la clé…. » .

Mes ados, narquois, me font remarquer que cette chanson date surement de l’époque des mammouths ! C’est pas faux, mais que de souvenirs….

PS : Pour les nostalgiques avides d’en savoir plus cliquez ici

 

A propos de l’auteur

Joelle le guenJoëlle et sa famille sont adhérentes à HomeLink depuis 1998.

Ils ont effectué 12 échanges de maisons et préparent leur prochain échange pour cet été.

Leur destinations préférées: Toutes! (avec mention particulière pour la grande île d’Hawaii et son atmosphère si particulière).

Leur conseils d’échanges : Ne pas se focaliser sur un lieu ou une destination, mais laisser faire le hasard et faire preuve de curiosité !

Joëlle vit à Chatou, en Ile de France, avec ses deux enfants, Paul et Célia.

 

Du « monde en échange » à l’échange dans le monde…

Portrait Laurent

Et oui, cher Lecteur, me revoici ! L’échange autour du monde n’était qu’une partie, une première phase du « monde-en-echange.fr », et ce blogue, que vous avez peut-être suivi pendant notre circumnavigation souhaite continuer de vivre, d’interagir, de conseiller et de recevoir des avis, d’échanger ( !), bien sûr.  Comme vous le savez peut-être, l’échange de maison est un mode d’hébergement qui existe depuis fort longtemps, puisqu’il fût théorisé et marqueté, dans les années cinquante. De très nombreuses personnes avaient, à l’instar de Mr Jourdain, fait de la prose sans le savoir, en échangeant les enfants pendant les vacances, ou en échangeant plus largement des postes professionnels, souvent au sein du monde anglophone.

 

Ce sont les années 90 qui ont vu ce mode de voyage devenir une mode, et se développer, grâce notamment à l’immense mutation des moyens et des coûts de transport, sans oublier une évolution certaine des modes de vie, et du goût pour une certaine authenticité dans les loisirs.

Je suis pour ma part un adepte inconditionnel de cette forme de voyage, et l’échange de maison va bien au-delà de son acception première. Il permet en effet de s’immerger complètement dans une nouvelle vie, et de se sentir chez soi (littéralement et métaphoriquement) dans un univers totalement étranger. Ce paradoxe est merveilleux, ceux qui ont déjà préparé un premier repas dans leur nouvel échange comprendront…

Couché de soleil Far westAprès une extraordinaire parenthèse d’une dizaine de mois, passée en famille à parcourir le monde, et bien sûr en échanges (nous n’avons ainsi, en 10 mois, passé que 10 nuits à l’hôtel ou B&B), mon envie de partager ce goût du voyage, et ce goût de l’échange est plus forte que jamais. Ce blogue sera le moyen pour moi, mais aussi j’espère pour vous, de continuer le voyage, et de garder à l’esprit ces merveilleux souvenirs, tout en offrant mon expérience, ma petite expertise, et des réponses à toutes vos interrogations. J’aborderai ainsi des sujets purement techniques, ou plus personnels (il parait que les blogueurs sont tous narcissiques), qui me rappelleront ce fantastique voyage, et quelques extraordinaires étapes.

De votre côté, cher Lecteur, j’attends de vous que vous vous interrogiez, que vous m’interrogiez, que vous criiez ou pleuriez, me disiez pourquoi, où, pourquoi pas (l’échange de maison est-il en effet pour tout le monde ?), et que nous partagions nos idées, nos expériences, pour le meilleur surtout.

Ce blogue est « motorisé » par Homelink France, l’une des premières sociétés à s’être implantée dans le secteur de l’échange de maison. Ceci étant, il est, et restera ouvert à tous, il a pour but de faire connaitre et de développer ce mode de voyage si particulier.

J’attends donc de vos nouvelles, suivez nous sur Facebook, ou sur Twitter,  montrez-nous vos échanges sur Pinterest, et à bientôt !

Laurent

L’Aventure Continue!!!!!!

Oui, cher lecteur, peut-être nous aviez-vous oublié, depuis notre retour, il y a –déjà- six mois. Ces billets écrits pour vous furent un grand plaisir pour moi, et nous avons, avec Homelink, décidé de continuer le blogue « le monde en échange », en l’ouvrant à des sujets plus variés que notre petit tour du monde, si loin déjà dans nos têtes et dans nos vies….

D’autant que, comme je vous l’annonçais dans ce titre à double sens, l’aventure continue ! Nous avons organisé une bonne douzaine d’échanges de maison pendant nos 10 mois de voyages, et certains de ces derniers, qui étaient non simultanés, nous ont permis, et nous permettrons encore en 2014, de rencontrer certains de nos partenaires d’échange, prolongeant notre périple par un voyage plus intérieur, et plus humain encore.

Nous avons ainsi eu la joie de recevoir et d’accueillir les heureux propriétaires de notre premier échange de maison, à Sydney, où nous avions passé 6 semaines en Mai 2012. Jane-Ann et Tim, couple de jeunes retraités australiens, ont intégré à leur tour d’Europe un séjour dans nos différentes résidences, à cheval sur les mois de Juillet et d’Août, profitant ainsi des conditions clémentes des étés alpins. Ces voyageurs chevronnés passent en général un tiers de l’année à parcourir la planète, et, bien que connaissant la France pour avoir séjourné plusieurs fois à Paris, ils ont décidé, en acceptant d’échanger avec nous, de découvrir ces paysages alpins, si nouveaux  et si exotiques pour des natifs de l’Australie, dont le point culminant ne dépasse pas les 2228m, et ressemble plus à une colline qu’à une montagne…

Adeptes des transports de masse, Jane-Ann et Tim arrivent en train à Cluses, où j’ai le plaisir de les accueillir, puis de les transférer vers leur premier lieu de séjour, notre appartement de Flaine. Ils y ont donné rendez-vous à leurs amis suisses, rencontrés Down Under sur Fraser Island, pour écumer les sommets environnants, et profiter de la vue fantastique sur le massif du Mont-Blanc qu’offre Flaine et le désert de Platé.

Après une dizaine de jours passés dans ce merveilleux cul de sac, entre bouquetins, marmottes et sculptures de Picasso ou Dubuffet, nos Australiens viennent s’installer à Cluses, dans notre résidence principale, pour 2 semaines, tandis que Myriam, notre petite Alix et moi-même partons nous installer sur les hauteurs du Léman, et où Jane-Ann et Tim viendront nous rejoindre. Leur séjour clusien est l’occasion de passer un peu de temps ensemble, et de nouer de vraies relations. Nous avons ainsi l’occasion de partir ensemble en montagne, de partager les bons coins et les adresses un peu typiques en matière de culture et de bonne bouffe ! Au sommet du Passage du Dérochoir, après une longue ascension à travers des lapiaz, et une incroyable enfilade de cascades nourries par les fortes pluie de la veille…

Nous discutons avec une vue imprenable des élections qui approchent, en apprenant avec surprise que le vote, en Australie, est un devoir qui, s’il n’est point accompli, est puni par une peine d’amende !

Nos désormais amis profitent à fond de cette deuxième partie de séjour, pour aller visiter Turin, Annecy et les environs, se gorgeant de paysages et de nouvelles expériences gustatives autant que culturelles.

L’échange de maison non simultané a ceci de bon qu’il permet de rencontrer, et de passer du temps, avec ses partenaires d’échange, mais il est aussi un formidable rappel de la beauté de l’endroit où nous vivons. Nous passons ainsi chaque jour, rendus aveugles par la routine, devant l’église, la mairie, telle ou telle petite place perdue dans notre ville, alors que Jane-Ann et Tim s’arrêtent, admirent, s’interrogent, nous renvoyant à notre histoire ou à celle des endroits où nous vivons, et en nous rappelant au passage notre incroyable chance de vivre dans un pays offrant des paysages aussi variés, et une histoire aussi riche, que la France.

Le temps passe vite, et nos Aussies ont tôt fait de nous rejoindre à Thollon, pour la dernière partie de leur séjour français. Changement de décor, le chalet est rustique, perdu dans un petit village, nous le qualifions sans exagérer de « peaceful » dans notre annonce d’échange sur Homelink. Nous avons organisé à l’occasion de ce transfert une journée pique-nique au bord du Léman, et faisons découvrir à ce couple sportif la pratique du stand-up paddle, qui consiste à se tenir debout sur une planche de surf, et de pagayer. Une fois l’équilibre trouvé, nous nous baladons le long de la côte, découvrant ainsi les bords du lac sous un angle nouveau et charmant.

Quant à Alix, elle a immédiatement sympathisé avec Jane-Ann, et lui tient constamment la main, tout en dialoguant dans un anglais très approximatif (rappelons qu’elle n’a que 4 ans !), parlant avec les mains, ou jouant de son sourire pour obtenir ce qu’elle veut !

Que ces 6 semaines sont vite passées ! Nous partons pour un court séjour en Norvège –pas d’échange, une fois n’est pas coutume, c’est mon frère qui nous héberge-, laissant Jane-Ann et Tim repartir pour la suite, et fin, de leur séjour 2013, vers l’Autriche et Salzburg. Nous garderons longtemps (jusqu’à notre prochaine rencontre, je l’espère) un extraordinaire souvenir de ces deux-là, et souhaitons partager autant de choses avec nos futures rencontres de partenaires d’échange, en 2014, avec la venue de Sandra, l’hawaiienne, et de Ashley, notre kiwi champion de tennis octogénaire !!!!

Nous nous serons sans aucun doute reparlé d’ici-là, ami lecteur, et en attendant, portez-vous bien !

Le Retour…

Et oui, cher lecteur, tout a une fin, et nous sommes, depuis une semaine, revenus à la réalité….

Ce retour se fait en douceur pour Myriam, qui ne reprendra le travail qu’au mois d’avril, histoire d’acclimater notre petite fille à son nouveau rythme scolaire, mais il fut un peu plus brutal pour moi, dans la mesure où j’ai repris mes activités quelques jours après notre arrivée en France, une bonne façon de ne pas trop penser, si vous voulez mon avis…..

Nous avons donc depuis peu enchainé avec frénésie les retrouvailles avec famille et amis, refait connaissance avec notre appartement, dans la mesure où nous ne trouvions rien « à sa place », nos nombreux partenaires d’échange ayant chacun légèrement réorganisé les rangements, de notre cuisine par exemple. Ajoutez à ceci une petite fille qui ne se souvient pas, après 10 mois d’absence, où se trouvent les toilettes, et vous comprenez que nous faisons depuis une semaine notre douzième et ultime échange, chez nous !

Le bilan ? Il est extraordinairement positif. Nous en avons pris plein les yeux, plein les oreilles, et surtout plein le cœur, pendant ces mois qui nous ramenaient lentement vers notre point de départ. Nous avons 100 fois validé le mode d’hébergement que nous avions naturellement choisi, et je me plais à penser que nous avons converti plus d’une de nos rencontres à l’échange de maison, à commencer par des collègues de Myriam qui nous rejoindront ce soir pour un dîner, chargé de questions, puisqu’ils ont décidé de prendre à leur tour un congé sabbatique, pour parcourir le monde en échanges !!!

Nous avons retrouvé nos résidences en parfait état, ce dont nous ne doutions pas ; nous avons réussi sans difficulté aucune à gérer à distance les petits soucis de la vie quotidienne (un four à micro-ondes acheté par correspondance suite à une panne, …), nous avons rencontré des personnes merveilleuses, et cette partie du voyage est d’ailleurs loin d’être terminée, puisque nous aurons la joie d’accueillir dès la fin du printemps toute une partie de nos partenaires d’échanges non simultanés, qui viendront passer leur partie d’échange dans l’une de nos résidences !

Nous aurons simplement  pu nous permettre d’effectuer cette longue parenthèse, dans la mesure où notre budget d’hébergement a virtuellement disparu. Nous n’aurions clairement pu nous permettre de rester aussi longtemps, de partir aussi loin, de profiter autant de la vie et de nos rencontres s’il nous avait fallu intégrer au budget de notre voyage 10 mois de locations ou de nuitées diverses et variées…

J’ai en ce moment trop de détails à régler pour penser, mais il me semble entendre une petite voix, toute faible encore, me chuchoter : « repartir, repartir, repartir………….. »

J’espère que vous aurez eu autant de plaisir à lire ces notes et à voyager avec nous que j’en aurai eu à les écrire….

So long !

Laurent

Le 4 mai 2012, en escale à Londres…..

Le 25 février 2013, en escale à Londres, Alix sourit autant, ses parents un peu moins…..

La Boucle se boucle…

Oui, cher lecteur, notre voyage touche à sa fin….. Ces dix mois de voyage s’achèvent en beauté, dans la magnifique ville de New York, où nous échangeons l’appartement d’Adam et Rebecca contre notre pied à terre à Flaine, dans nos alpes natales. L’échange étant simultané, nous n’aurons pas la chance croiser ces deux-là, mais, New York City étant l’une de nos destinations favorites, nous les recontacterons lors de notre prochain passage. La Grosse Pomme, comme la surnomme affectueusement ses habitants, est un immense dédale composé de 5 boroughs, eux-mêmes découpés en de très nombreux quartiers, ayant chacun une âme propre; nous sommes ainsi pendant ce séjour d’une dizaine de jours dans Chelsea, le quartier des galeries d’art, des bars gay branchés, et de la High Line, dans un appartement situé au 14ème étage (techniquement le 13ème mais chut, ce numéro porte malheur, est n’est donc pas indiqué sur le panneau de commande de l’ascenseur, qui passe ainsi du 12 au 14ème!) d’une résidence qui fut, à l’époque de sa construction, dans les années 30, le plus grand immeuble d’habitation du monde, avec 1665 unités d’habitation au compteur! L’ensemble ceinture tout un bloc, et dispose d’un piscine semi-olympique, ainsi que d’une terrasse sur son toit, construite sur le modèle d’un pont de paquebot transatlantique, coqueluche new-yorkaise de l’époque….

 Nous partageons l’unique chambre avec Alix, nos hôtes ont préparé l’endroit dans cette attente, et nous profitons d’un feu de cheminée inattendu dans ce type de résidence!

La vue de la chambre donne sur l’Empire State Building, et nous profitons bien au chaud de la mise en lumière vespérale de cet emblème de la ville et de l’état de New York.

 

Armés de notre carte de transport en commun, qui sont ici si développés et bien organisés que l’utilisation d’une voiture est totalement inappropriée, nous partons chaque jour à la découverte d’un nouveau quartier, revenons sur les pas de précédentes visites pour constater l’évolution si rapide d’une cité en perpétuel mouvement. Ainsi, notre dernier passage, qui date d’avant la naissance d’Alix, offrait à notre vue un Ground Zero tristement vide, une sombre excavation, verrue inversée dans le quartier des affaires. Trois ans plus tard, non seulement les gratte-ciels reprennent de la hauteur, mais la tour qui succèdera en ce lieu au World Trade Center s’élève au dessus de la ligne d’horizon de South Manhattan. Un double monument à la mémoire des victimes du 11 Septembre 2001 nous émeut profondément, les noms se succèdent, gravés autour des emplacements des tours jumelles.

 

Malgré le froid, Central Park offre à longueur d’année de nombreuses opportunités de promenade, et nous déambulons sans fin sur les sentiers du parc, en observant écureuils, canards, sans oublier la foule bigarrée des touristes et des résidents; l’un de ces derniers, notre amie Barbara, qui vit ici depuis une dizaine d’années, et que nous ne manquons jamais de rencontrer, fait ainsi la connaissance d’Alix, et lui fait faire le tour du propriétaire, en l’emmenant au musée d’histoire naturelle de la ville, au zoo, à l’une des nombreuses patinoires de la cité…. pour le plus grand bonheur des deux filles.

New York est une ville de couples, ou de célibataires. Les enfants sont vus bizarrement dans les restaurants, par exemple, où les autres clients semblent les considérer comme de réels intrus.  Nous nous en faisons souvent la remarque, avec Myriam, devant l’air exaspéré de locaux obligés de faire un pas de côté devant notre petite famille se tenant par la main! Tout ça nous fait doucement rigoler, et nous nous amusons de ces réactions finalement enfantines! New York est également une ville où il fait bon ne pas cuisiner, puisque 10000 restaurants ne demandent qu’à nourrir ces millions de bouches. C’est aussi mon paradis de végétarien, et je suis ici comme un poisson dans l’eau. Nous mangeons ainsi de succulents plats végétaliens, en nous demandant comment un gâteau au chocolat sans œuf, sans crème, sans beurre peut-il être aussi délicieux…..

La météo étant favorable, nous profitons également à fond de couchers de soleil qui se succèdent, et offrent, comme ici depuis le sommet du Rockefeller Center, des vues à couper le souffle sur le quartier financier de l’île.

 

La pensée du retour commence à se faire insidieuse, et nous devons nous recaler petit à petit sur des détails que nous préférerions oublier, encore pour quelques jours…. Mais je reprends le travail dans une semaine aujourd’hui, et il est difficile de ne pas y penser. Les grands-parents d’Alix nous rappellent joyeusement que chaque jour passé est un jour qui les rapproche de leur petite fille, mais nous continuons néanmoins nos vacances, buvant la coupe jusqu’à la lie, pendant que nos partenaires d’échanges dévalent les pentes très enneigées de Flaine, station qui a en commun avec New York un magnifique « Bosquet », magistrale sculpture de Dubuffet!

 Et si nos pas nous mènent encore d’une rive à l’autre de l’East River, entre Brooklyn et Manhattan,

 

nos cœurs sont, que nous le voulions ou non, déjà entre les deux rives de l’Atlantique, et c’est depuis le Vieux Continent que je vous enverrai un dernier mot, en guise de conclusion à cette merveilleuse parenthèse….

Maudits Français

Maudits Français!!!!

 Nous sommes dans un petit bout de France! Arrivés par avion à New York City, aux USA, nous avons roulé plein nord pour rejoindre le Canada, et plus précisément nos amis Val & Greg, émigrés de longue date dans la Belle Province. Sur le continent nord-américain, les limitations de vitesse rendent les voyages par la route assez longs, et nous avons BEAUCOUP de temps pour observer les mornes plaines qui s’étirent gentiment entre Big Apple et la frontière canadienne. Le passage de cette dernière se fait sans encombre, et nous acclimate par la même occasion au chantant accent des habitants de cette flaque francophone dans un océan de langue anglaise. Le choc thermique fait partie du dépaysement, les 11°F affichés par notre auto représentent -11°Celsius…. une température moyenne l’hiver dans ce coin du Québec. Nous avons fait quelques courses de vêtements chauds dans le saint des saints, chez Patagonia, à Ventura en Californie, mais nous savons déjà que nous passerons rapidement chez les vendeurs de chaussures et d’accessoires chauds pour Alix, qui a bien grandi, et aura bien besoin d’être isolée des rudesses montréalaises!

 Nous n’avons pour cette étape aucun programme prédéfini, et nous nous laissons donc guider par le rythme et les conseils de nos hôtes-amis. Nos enfants respectifs ont la joie de se retrouver et se calent rapidement sur cette nouvelle tranche de vie, et nous partons à la découverte de Montréal, île-cité naviguant entre chaleurs étouffantes l’été, et hiver polaire.

 A cet effet, des galeries souterraines ont été creusées au fil des ans, et l’on peut ainsi passer des journées entières, magasiner et marcher 33km sans avoir à combattre les rigueurs de l’hiver. Le parc de Montroyal est évidemment recouvert d’un blanc manteau et les habitants comme les touristes profitent pour patiner, skier, ou simplement flâner en observant les écureuils qui cherchent de la nourriture. Alix se met au patin à glace aussi facilement qu’elle pratiquait les châteaux de sable il y a quelques jours sur les plages encore tièdes de Californie, nous montrant encore et toujours son étonnante capacité d’adaptation aux conditions d’hébergement, de température, d’environnements culturel et social…

 

Le ski nord-américain a son berceau dans les Laurentides, une région boisée, parsemée des lacs et de collines qui s’étend au nord de Montréal. Nous nous évadons de la vie (sub)urbaine pour une escapade de quelques jours dans cette magnifique région, et retrouvons l’un de mes confrères, distribuant les mêmes produits que moi au Canada, le temps d’un brunch dans son village natal, avec petite visite historique à la clé.

 

Nous aurons eu la chance de pouvoir rencontrer une partie du « réseau » de mes confrères à travers le monde, et aurons ainsi bénéficié de conseils sur mesure, à notre grande joie, et notre grand intérêt. Notre destination finale est Mont Tremblant, une station de ski créée de toute pièce par le groupe canadien Intrawest. Ce dernier décrit l’endroit comme la plus européenne des « resorts » (ici, on parle de centre de villégiature!) du nouveau monde, nous avons quant à nous plutôt  l’impression d’entrer dans un parc d’attraction, plus éloigné que tout ce que nous connaissons d’un village de nos Alpes. Tout est vraiment neuf, et faussement vieilli, et nous nous amusons de ce décalage entre la manière qu’ont les américains de nous représenter, et celle que nous avons de vivre…

 

En tout état de cause, luge, bonhommes de neiges, patin à glace se conjuguent dans toutes les langues, et nous nous amusons comme des fous, encore étonnés d’entendre parler français autour du nous, habitués que nous sommes devenus à la langue de Shakespeare.

La fin de notre aventure approche à grands pas, et nous revenons doucement (j’allais dire douloureusement) vers la réalité de notre futur. Je reprendrai le travail dans 15 jours exactement, et ce déjeuner confraternel m’a remis la tête dans d’autres sphères que celles à laquelle cette dernière était habituée…. Cette reprise de conscience se fait toutefois en douceur, nous avons également repris contact avec la classe d’Alix, qui fera sa rentrée des classes avec un peu de retard, le 11 mars!

Mais nous profiterons malgré tout à fond de notre dernier échange de maison, qui se déroulera dans quelques jours à Chelsea, petit quartier branché de New York City, alors qu’Adam et Rebecca viendront profiter de la neige française dans une station très européenne, dans notre appartement de Flaine! Et je vous donne ainsi, chers lecteurs, un dernier rendez-vous depuis notre futur petit coin de paradis de la 24ème rue!

 

La Californie

 

Buenos dias! Nous sommes arrivés à la dernière frontière, comme les américains nomment cette côte Ouest. La Californie a un passé mexicain, et nous le sentons immédiatement; Les panneaux de signalisation sont bilingues, les villes et villages sont baptisés  en espagnol, et l’architecture est totalement influencée par cette culture. L’hiver est niçois, et nous partons donc pour 2 semaines d’aventures sur les routes, puisque nous avons choisi pour cette portion du voyage de louer un camping-car, entre San Francisco et Los Angeles.

La Highway 1, qui longe le Pacifique entre ces deux villes, fait partie de nos rêves depuis de longues années, et nous sommes donc tout excités de pouvoir enfin suivre ce tracé mythique, après avoir passé une journée dans la ville de San Francisco, pour montrer à Alix le Golden Gate, les otaries du Pier 39, et bien sûr les célébrissimes cable cars….

  

Notre descente vers la Cité des Anges s’amorce alors, et la côte nous révèle toutes ses splendeurs, plage après plage, crique après crique, phare après phare…

 

 

 Cette partie de la Central Coast recèle également des forêts abritant les plus hauts arbres du monde, une variété de séquoia répondant au poétique nom de sequoia sempervirens (toujours vert). Nous dépassons ainsi Santa Cruz pour accéder au Big Basin State Park, où nous pourrons lire dans les cercles concentriques formant ces immenses troncs l’histoire du monde moderne, puisque certains arbres affichent 2 millénaires au compteur. Pour arriver à de tels âges, ces conifères ont développé toutes sortes de défenses; ils ne brûlent ainsi pratiquement pas, sont capables de se régénérer après une chute ou une tempête, sécrètent des insecticides repoussant notamment les termites…. tout en allant chercher le soleil à plus de 120m de hauteur. Notre promenade matinale dans la forêt est une expérience inoubliable, le soleil pénètre par raies dans le sous bois, odeurs et couleurs s’en donnent à coeur joie pour nous épater, et nous réchauffer!

La portion de route entre Monterey et San Luis Obispo est extraordinaire, nous parcourons une route accrochée aux falaises, plongeant directement vers l’océan. La conduite demande certes quelque concentration, mais nous voyons toutefois des baleines, ainsi que, au détour d’une plage, une colonie d’éléphants de mer, qui viennent mettre bas et se reposer sur une dizaine de miles de côte. Par milliers, ces mammifères s’entassent sur les plages, offrant un spectacle visuel, sonore autant qu’olfactif (Alix nous demandera souvent : »ça sent quoi, là? »). Nous en prenons une fois de plus plein les mirettes, tout en nous préparant à virer plein est, vers de paysages tout à fait différents.

Alix ayant été sage, nous avons donc décidé de ne pas la priver de désert (mes excuses pour ce jeu de mot facile, je n’ai pas pu résister!), et nous taillons donc la route vers le Parc National de Joshua Tree. U2 étant une de nos références musicales, nous approchons du Parc en écoutant l’album éponyme, et tombons en arrêt devant le spectacle offert par ces arbres de Joshué, qui forment une quasi forêt dans ce quasi désert. Le Parc lui même n’a été constitué que dans les années 30, et nous croisons donc les vestiges d’une occupation datant de cette époque, vieilles pierre, vieilles autos et anciennes mines d’or…. le Far West!

 

Le temps, comme vous le voyez, est incertain, et nous ne tardons pas à avoir la chance (!) de séjourner dans le désert sous la pluie… Nous aurons ainsi le plaisir (! again) de voir tomber une bonne partie des 5cm d’eau annuels dans les jours qui viennent…. Nous ne nous décourageons évidemment pas, et randonnons à l’entour, au milieu de fabuleuses formations granitiques, arrondies et adoucies par le vent et le sable, sur lesquelles les grimpeurs s’en donnent à coeur joie… Nous irons également explorer des canyons qui, au détour du chemin, se révèlent être de somptueuses oasis, abritant d’immenses Californian Palm Trees, des palmiers natifs.

 

Le cactus est ici évidemment roi, et ces Cholla nous offrent un étrange spectacle vespéral, hérissés de leurs magnifiques et immaculées épines….

  

Nous quittons le parc comme nous y sommes entrés, c’est à dire sous la pluie, en direction d’un autre désert, autour de la localité de Borrego Springs. C’est là, au bureau de poste, que nous ferons la connaissance d’un steward reconverti dans la restauration et les antiquités, qui vit ici depuis 6 ans, proposant à ses clients californiens nappes provençales, brocs et toiles anciens, tout en leur servant des escargots de bourgogne, ou des pains au chocolat! Rencontre improbable et si pleine d’humanité, au milieu de nulle part, et sentiment bizarre de se retrouver « à la maison », avec du personnel parlant français, une carte tout à fait digne d’un bouchon lyonnais, et une bouteille de Beaujolais sur la table! Yves nous donne quelques conseils sur les visites à faire dans le coin, notamment de curieuses sculptures qui parsèment le désert aux environs de la ville…. Alix trouve tout cela bizarre, et moi parfaitement foutraque…. J’adore!

 

Il est remarquable d’observer qu’après 3 jours de pluie, la flore s’est développée, les occotillos, cactus il y a 2 jours, se sont parés de feuilles et parfois de fleurs, et que la lavande sauvage est également en fleur!

 

La suite du voyage se déroule vers l’ouest, et nous rattrapons la côte, ainsi que la Highway 1 du côté d’Oceanside, pour remonter vers Los Angeles en longeant les fameuses plages de Newport, Laguna, Huntington et Long beach où le Queen Mary jouit de sa retraite, et avant de nous immerger dans la tentaculaire Cité des Anges. Qui nous laissera une impression mitigée; toute la misère du monde frappe en effet de plein fouet toute la richesse du monde, quelques allumés et beachbums faisant le tampon entre ces deux univers. Nous visitons un downtown LA quasi désert, et nous promenons le long de Venice beach, où les Bodybuilders pompent, les midinettes rollerskatent, et les rastas fument, au milieu d’une foule bohême, et probablement millionnaire, au vu des maisons environnantes. Hollywood nous enivre du bruit et de la fureur d’être, ou de paraître célèbre, et c’est ainsi, troublés, que nous quittons cette Californie si contrastée, capable de vendre du rire pour un dollar!

 

C’est au dessus du Nouveau-Mexique que je vous écris cette bafouille, alors même que nous rejoignons la côte est, et nos amis montréalais, chez qui nous passerons les 2 prochaines semaines. Alix ne peut plus contenir son impatience de voir sa copine Emma, et nous nous faisons une joie de retrouver ses parents, pour moitié clusiens, qui ont émigré dans la Belle Province il y a une dizaine d’années.

La suite au prochain numéro!